Le nerf du fascisme

Dans quelques pages de son roman « Limonov », écrit en 2011, Emmanuel Carrère s’interroge sur le nerf du fascisme. Surgit alors dans sa réflexion cette citation d’un Sutra bouddhique que lui a transmis son ami Hervé Clerc.

 « L’homme qui se juge supérieur, inférieur ou même égal à un autre homme ne comprend pas la réalité ».

Cette citation est présentée comme contre-pied au fasciste qui est en chacun de nous, celui qui ne peut pas s’empêcher, dans toutes les rencontres qu’il fait, de la situer par rapport à lui-même : plus petit, plus grand, plus beau, plus laid, plus fort, plus faible, plus riche, plus pauvre, plus armé dans la vie, plus victime du destin, etc., etc.

Je ne sais pas de quel Sutra Hervé Clerc tire cette citation. Mais il y a là certainement une partie essentielle du cœur de toute Tradition, et y travailler va prendre du temps, peut-être toute une vie.

André